jeudi 31 mars 2016

Passions humaines, Cinquantenaire et Maison Cauchie



Les Passions humaines de Jef Lambeaux
Le Pavillon des Passions humaines se trouve à quelques mètres seulement de la Grande Mosquée de Bruxelles 
Pour des raisons (1) qu'il serait un peu fastidieux d'expliquer ici, le Pavillon des Passions humaines abritant l'oeuvre magistrale du sculpteur Jef Lambeaux n'est accessible que du début du printemps au début de l'automne les mercredis, samedis et dimanches entre 14 et 16h30. La saison a débuté le 26 mars. Il faut donc être un peu organisé pour aller acheter un ticket d'entrée (2,50euros) au guichet du Musée du Cinquantenaire. Et puis traverser le parc en diagonale: promenade délicieuse.  
Le parc du Cinquantenaire: un parc créer en 1880 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la création de la Belgique....


Le Pavillon des Passions humaines abrite une sculpture extraordinaire à tous égards. C'est un bas relief gigantesque. 
Les Passions humaines de Jef Lambeaux 
Une expression de la volupté qui a
fait frémir plus d'une âme bien pensante
Il mesure 14 mètres de longueur et 8 mètres de hauteur. Il est composé de 17 blocs de marbre blanc de Carrare et pèse plusieurs dizaines de tonnes. Avec cette oeuvre, à laquelle il a consacré douze années de sa vie entre 1886 et 1898, Jef Lambeaux a voulu figer dans le marbre une allégorie des plaisirs et des malheurs de l'humanité: maternité, séduction, jeunesse, joie, débauche, guerre, viol, suicide ou meurtre et damnation. La mort domine la composition flanquée à gauche par les Grâces et à droite par les légions infernales. A l'extrême droite, le Christ en croix. Aujourd'hui encore l'oeuvre de Lambeaux suscite la controverse (1)

Au Musée du Cinquantenaire
Charles Van der Stappen Le Sphinx mystérieux
Cette oeuvre fascinante en ivoire et argent, 
 très emblématique de l'Art nouveau bruxellois, fut présentée 
à l'Exposition coloniale de 1897
Vitrail d'inspiration
moderniste
Vous pouvez aussi prendre un ticket valable pour le Pavillon des Passions humaines et le Musée (8 euros) car le musée du Cinquantenaire abrite une petite mais magistrale collection d'objet et de sculptures réalisés par les plus grands artistes belges fin de siècle, dont Philippe Wolfers et Charles Van der Stappen.
Elles sont présentée dans les vitrines des anciens magasins de l'orfèvre Philippe Wolfers, bâtiment construit et meublés par Victor Horta en 1909, au 11-13 rue d'Arenberg à Bruxelles. Les meubles ont été offerts par la Kredit Bank  au Musée du Cinquantenaire  lorsqu'elle a pris possession de l' édifice. Celui-ci a été restauré en 2003.
Dans les vitrines créées  par Victor Horta
trois statuettes féminines
en ivoire, marbre, perles ou métal de Philippe Wolfers 
Après la visite du Musée, promenez vous sous ses arcades du Cinquantenaire. Elles sont notamment décorées de fresques signées Émile  Fabry, peintre symboliste.
Oeuvres d'Emile Fabry, peintre symboliste, sous les arcades du Cinquantenaire

La maison Cauchie.
Enfin, si vous avez la bonne idée de passer à Bruxelles le premier week-end du mois, vous pourrez aussi visité dans la foulée la maison de Paul Gauchie, architecte, peintre et  grand maître du sgraffite (il a décoré  400 maisons).La sienne se trouve au n°5  de la rue des Francs, à deux pas du musée. La façade  est un chef d'oeuvre  mais l'intérieur qui ne se visite que les premiers samedi et dimanche du mois est absolument incontournable.

Bijou Art nouveau entièrement préservé, la maison Cauchie est ouverte au public le premier week-end de chaque mois de 10h à 13h et de 14 à 17H30
Prix d'entrée : 5 euros
 Puisqu'on parle de sgraffite, toujours dans le quartier, mais de l'autre côté du parc, du 6 au 16 rue  Murillo  
on trouve  une série de maison modestes qui présentent toutes un décor étonnant de sgraffites. En voici un échantillon.
                       Décors en sgraffites  des maisons de la rue Murillo 


Malgré nos recherches, il ne nous a pas toujours été possible de déterminer la date du décès des architectes ou des artistes ayant réalisé une oeuvre montrée dans cet article ou de contacter leurs ayants droit. Toute précision ou information  sera immédiatement prise en compte. Sans autorisation, le ou les documents photographiques concernés seront immédiatement retirés. . 
Toutes les photos de ce blog sont de l'auteur 

(1)Artiste forcément très controversé pour son sens aigu de l'humanisme et de l'érotisme, Jef Lambeaux a créé à la fin du XIXème siècle une oeuvre qui suscita beaucoup de polémiques. Les âmes bien pensantes condamnaient cette commande d'Etat fort indécente...
Deuxième polémique: l'histoire retiendra que l'architecte et le sculpteur n'étaient d'accord sur rien. Le premier voulait un pavillon ouvert, d'où les colonnades, le second un pavillon fermé. C'est la volonté de Jef Lambeaux qui l'emporta en 1906, sans intervention de l'architecte...
Autre polémique toujours en cours : le lieu choisi était au départ  situé à deux pas du Pavillon oriental construit pour l'Exposition internationale de Bruxelles organisée en 1880 ( Cinquantième anniversaire de la Belgique.... ) . En 1967 ce pavillon, délabré, a été offert  par le Roi Baudouin au Roi Fayçal d'Arabie saoudite pour qu'il en fasse ...la Grande Mosquée de Bruxelles.  Le cadeau - en fait un bail emphytéotique de 99 ans comprenait aussi...le terrain et le pavillon des Passions humaines, pas vraiment en adéquation avec les convictions saoudiennes. En 1980, l'Arabie tenta de démonter le bas relief  de Lambeaux mais fut stoppée dans son élan par la Commission royale des Monuments et sites... Tout ceci explique que vraisemblablement jusqu'en 2066 les Passions humaines ne seront visibles au printemps et en été que le mercredi , le samedi et le dimanche entre 14h et 16h30... à moins que le Pavillon ne soit un jour déplacé vers un autre lieu du Parc du Cinquantenaire.

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