lundi 29 août 2016

L'Art nouveau bruxellois toujours martyrisé


L'Art nouveau a beau rendre la capitale de l'Europe particulièrement attractive, cela n'empêche en rien de constater régulièrement des dégradations ou négligences qui à la longue deviennent tragiques.
Exemple: le quartier Saint-Boniface à Ixelles célèbre pour son ensemble de neuf maisons construites autour de 1900 par Ernest Blerot. On y voit des sgraffites se dégrader depuis des années sans que personne ne fasse le moindre effort pour les restaurer alors qu'il y a plusieurs véritables spécialistes en ce domaine. Bref la dégradation progresse de façon spectaculaire. Démonstration en quatre photos
Maison construite en 1901 par Ernest Blerot 
au 12 rue Ernest Solvay
Haut de la façade photographié le 28 mai 2007
Détail du grand sgraffite de droite  (28 mai 2007)


Haut de la façade photographié le 23 août 2016

                                                  Même détail le 23 août 2016
                                                     
Ces sgraffites ont résisté plus d'un siècle en conservant presque tout leur éclat et puis soudainement, en quelques années, ils sont rongés par la pollution ambiante.  De quoi s'inquiéter au passage sur l'air que l'on respire dans la capitale de l'Europe. Voici ailleurs dans le même quartier, le sgraffite dominant la porte d'entrée de la "VILLA  KJOBENHAVN"  construite par Gustave Strauven au 52 rue Souveraine.En quelques années les coloris ont presque totalement disparu.
Photo du 28 mai 2007
Photo du 23 août 2016


Pur sadisme


La maison construite par Albert Roosenboom
dans son état actuel
Sgraffites, fenêtre et porte d'entrée
de plus en plus abimées


Rue Faider , le cas de la maison construite par Albert Roosenboom en 1900 est, si possible, encore beaucoup plus dramatique et d'autant plus inquiétant qu'il s'agit d'un des chefs d'oeuvre incontestable de l'Art nouveau bruxellois. 
Nous avions déjà signalé il y a trois ans la dégradation spectaculaire du grand sgraffite attribué à Privat Livemont qui entoure la grande baie du troisième étage . La tache noire est toujours noire et l'état général de la façade  se dégrade un peu plus chaque jour.

La fenêtre centrale du second étage est désormais occultée par une planche en bois du plus bel effet misérabiliste et la porte d'entrée a peut-être bien été la cible de quelques vandales. Et tout cela pour une oeuvre majeure qui s'inscrit dans la première promenade "découverte de l'Art nouveau"à Bruxelles puisqu'elle relie l'Hôtel Solvay (signé Horta) à la maison personnelle de l'architecte (Musée Horta), en passant devant des maisons signées Roosenboom, Hankar ou Van Rysselberghe. On ne s'étonne donc pas de l'effarement des touristes découvrant ce désastre en train de s'accomplir.

Capture d'écran du Télérama du 14 août
(Ajoutons encore, pour les âmes sensibles,  la “redécouverte” récente - dans un entrepôt squatté (et dans un état lamentable) - de la façade de l'Hôtel Aubecq, chef d'oeuvre de Victor Horta démoli dans les années '50. Cette redécouverte fait grand bruit même à l'étranger comme en témoigne l'article de Charlotte Landru-Chandès publié ce 14 août dans Télérama: “L'hôtel Aubecq de Victor Horta, un bijou achitectural condamné à l'errance”. Pour lire cet article et pour écouter l'interview correspondante de Mme  Françoise Aubry, conservatrice du Musée Horta. http://www.telerama.fr/scenes/l-hotel-aubecq-de-victor-horta-un-bijou-architectural-condamne-a-l-errance,146118.php




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